Réussir la transition d’une coopérative vers l’agriculture régénératrice suppose de transformer une ambition environnementale en une démarche concrète, applicable sur le terrain et soutenable pour les agriculteurs. Santé des sols, biodiversité, carbone, gestion de l’eau, expérimentation et montée en compétences doivent être abordés de manière cohérente. Pour une coopérative, l’enjeu consiste donc moins à juxtaposer des pratiques qu’à construire une trajectoire collective, adaptée aux réalités agronomiques et économiques de ses adhérents.

Définir une trajectoire d’agriculture régénératrice adaptée à la coopérative

Une transition agricole ne peut pas être envisagée indépendamment des caractéristiques des exploitations et des filières concernées. Pour une coopérative, la première étape consiste à structurer une démarche qui tienne compte simultanément des enjeux environnementaux, des possibilités techniques et des conditions économiques auxquelles sont confrontés les agriculteurs.

Cette approche est particulièrement importante lorsqu’il s’agit d’agriculture régénératrice. Les sujets à considérer peuvent concerner la santé des sols, la biodiversité, la réduction des émissions de gaz à effet de serre, le stockage du carbone, la qualité de l’eau ou encore l’adaptation aux changements climatiques. Ces dimensions sont liées et gagnent à être intégrées dans une vision d’ensemble plutôt qu’abordées séparément.

Construire une stratégie d’agriculture régénératrice réaliste

La réussite repose notamment sur la capacité à identifier les enjeux prioritaires et les actions compatibles avec les conditions réelles de production. Une analyse multicritère peut contribuer à repérer les principaux points d’attention environnementaux d’une filière et à orienter les actions à engager.

Cette logique rejoint l’approche d’agrosolutions, cabinet d’expertise-conseil en agroenvironnement, qui associe expertise agronomique et environnementale, expérimentation et présence sur le terrain. Le principe est essentiel pour une coopérative : un plan d’actions environnemental doit également considérer sa faisabilité technique et sa durabilité économique pour l’agriculteur.

Point de vigilance : une transition cohérente ne consiste pas à dissocier performance environnementale et réalité économique. Les pratiques envisagées doivent pouvoir être confrontées aux conditions de production et aux contraintes des exploitations.

La coopérative peut ainsi construire une trajectoire progressive : comprendre les enjeux, sélectionner des leviers pertinents, les tester, accompagner leur appropriation puis mesurer leurs effets. Cette progression permet de donner un cadre commun à la démarche tout en conservant une capacité d’adaptation aux réalités locales.

Faire de la santé des sols un point central de la transition

La santé des sols constitue un sujet structurant lorsqu’une organisation agricole souhaite faire évoluer ses pratiques. Elle nécessite cependant de dépasser les intentions générales pour s’appuyer sur des indicateurs et des méthodes d’évaluation capables d’éclairer les décisions.

Agrosolutions travaille notamment sur l’évaluation d’indicateurs biologiques des sols à partir de solutions testées sur sa plateforme expérimentale Openfield. Le cabinet est également impliqué dans la recherche sur ce sujet à travers le projet BIOSOL-EVAL. Pour une coopérative, ce type de démarche illustre l’intérêt d’associer connaissance scientifique, expérimentation et observation de terrain.

Le sol ne doit toutefois pas être considéré isolément. Les choix agricoles peuvent également avoir des conséquences sur l’eau, la biodiversité ou le bilan carbone. Une démarche structurée doit donc chercher à comprendre ces interactions afin d’éviter de piloter la transition à partir d’un indicateur unique.

La préservation de la qualité de l’eau peut, par exemple, s’appuyer sur la modélisation des risques de transfert de polluants et sur le déploiement d’actions préventives. De la même manière, la biodiversité peut faire l’objet d’une évaluation spécifique. Agrosolutions utilise notamment le Global Biodiversity Score®, Darwin® et réalise le Diag’ Biodiversité® référencé par Bpifrance.

Cette lecture globale aide la coopérative à inscrire l’agriculture régénératrice dans une logique de progrès environnemental cohérente, plutôt que dans une accumulation d’actions indépendantes les unes des autres.

Expérimenter les pratiques avant de les déployer à grande échelle

Passer d’une orientation stratégique à des pratiques réellement adoptées implique une étape déterminante : l’expérimentation en conditions réelles. Une solution pertinente en théorie doit pouvoir être évaluée au regard des cultures, des contextes agronomiques et des contraintes opérationnelles rencontrées sur le terrain.

Cette logique concerne aussi bien l’évaluation des intrants que les nouvelles techniques de gestion des ravageurs et pathogènes, les indicateurs de santé des sols ou les outils de mesure environnementale. Elle permet de produire des enseignements plus directement mobilisables par les équipes techniques et les agriculteurs.

Agrosolutions s’appuie pour cela sur plusieurs dispositifs, notamment son living lab Fermes LEADER, sa plateforme d’expérimentation Openfield et le réseau InVivo. Dans le domaine des pratiques agricoles durables, ce réseau représente environ 100 coopératives, 300 agronomes et plus de 2 500 conseillers cultures sur le territoire.

Pour une coopérative engagée dans une transition vers l’agriculture régénératrice, l’intérêt d’une telle approche est méthodologique : tester permet de confronter les choix envisagés aux réalités agricoles avant d’organiser leur diffusion. L’expérimentation peut ainsi devenir un trait d’union entre la stratégie environnementale et le conseil délivré sur le terrain.

Une progression possible pour structurer la démarche
  1. Identifier les enjeux environnementaux et agronomiques prioritaires.
  2. Sélectionner les pratiques ou solutions à évaluer.
  3. Les confronter aux conditions réelles de production.
  4. Analyser leurs performances et leur faisabilité.
  5. Transmettre les enseignements aux équipes et accompagner leur appropriation.
  6. Mesurer les résultats afin d’ajuster progressivement la trajectoire.

Cette progression évite de considérer la transition comme un changement immédiat et uniforme. Elle installe au contraire une dynamique d’amélioration dans laquelle les enseignements issus du terrain alimentent les décisions suivantes.

Accompagner les agriculteurs et faire monter le réseau en compétences

Une coopérative peut disposer d’une stratégie pertinente et de pratiques éprouvées sans pour autant réussir leur diffusion. La transition dépend aussi de la capacité des équipes à comprendre les enjeux, à expliquer les changements proposés et à accompagner les agriculteurs dans leur mise en œuvre.

La pédagogie et la montée en compétences deviennent alors des composantes à part entière du projet. Les conseillers occupent une position essentielle puisqu’ils assurent le lien entre les orientations collectives et les décisions prises au niveau des exploitations.

Agrosolutions inscrit cette dimension dans son activité. Le cabinet est un organisme de formation certifié Qualiopi et place la transmission des connaissances parmi les moyens d’accompagner ses clients face aux enjeux agroécologiques. Son ancrage terrain, notamment à travers ses implantations à Paris et Reims et les réseaux agricoles auxquels il est associé, complète cette approche.

Faire de l’agriculture régénératrice un projet collectif

Pour la coopérative, cette dimension collective est déterminante. Il s’agit de créer des références compréhensibles, de partager les enseignements issus des expérimentations et de permettre aux équipes de conseil de s’approprier progressivement les méthodes retenues.

La transition devient ainsi un processus dans lequel expertise scientifique, retours du terrain et transmission des compétences se renforcent mutuellement. Cette articulation contribue à maintenir une cohérence entre les objectifs définis au niveau de la filière et leur traduction dans les exploitations.

Mesurer les résultats pour piloter la démarche dans la durée

La transition vers de nouvelles pratiques agricoles doit pouvoir être suivie dans le temps. Sans mesure, il devient difficile d’identifier les progrès réalisés, de comparer les effets des actions ou de déterminer les ajustements nécessaires.

Plusieurs dimensions peuvent entrer dans ce pilotage selon les objectifs retenus par la coopérative. L’empreinte carbone peut être calculée à partir de méthodes reconnues telles que le Bilan Carbone© ADEME ou le GHG Protocol. Agrosolutions dispose également de Carbon Extract, une solution digitale conforme au Label bas-carbone permettant d’engager les exploitations agricoles dans la mesure des émissions et du stockage de carbone.

Le suivi peut aussi porter sur la biodiversité, les indicateurs biologiques des sols, les impacts environnementaux d’une filière ou les risques concernant la qualité de l’eau. L’objectif n’est pas nécessairement de multiplier les indicateurs, mais de sélectionner ceux qui permettent réellement de piloter la trajectoire choisie.

La question climatique implique enfin de ne pas limiter la réflexion à la réduction des émissions. La vulnérabilité des exploitations face aux changements climatiques, notamment aux sécheresses et aux événements extrêmes, ainsi que la gestion quantitative de l’eau, peuvent également être intégrées au diagnostic.

Les points à intégrer dans le pilotage
  • des objectifs environnementaux clairement identifiés ;
  • des pratiques évaluées dans les conditions réelles de production ;
  • des indicateurs adaptés aux enjeux retenus ;
  • une prise en compte de la faisabilité technique ;
  • une attention portée à la durabilité économique pour l’agriculteur ;
  • un accompagnement des équipes et une transmission des connaissances ;
  • un suivi permettant d’ajuster progressivement les actions.

Le pilotage donne ainsi à la coopérative les moyens de faire évoluer sa démarche à partir d’éléments observables. L’agriculture régénératrice peut alors être abordée comme une trajectoire à construire et à ajuster, plutôt que comme un modèle figé à appliquer uniformément.

Réussir durablement la transition vers l’agriculture régénératrice

Réussir la transition d’une coopérative vers l’agriculture régénératrice demande d’articuler stratégie, connaissance agronomique, expérimentation, mesure et accompagnement humain. La santé des sols, la biodiversité, l’eau et le climat peuvent ainsi être intégrés dans une démarche cohérente, construite à partir des réalités du terrain.

L’expertise d’acteurs comme agrosolutions montre l’intérêt de rapprocher sciences agronomiques et environnementales, réseaux agricoles, dispositifs expérimentaux et pédagogie. Pour la coopérative, la réussite repose finalement sur sa capacité à transformer ces connaissances en pratiques techniquement applicables, économiquement soutenables et progressivement appropriées par les agriculteurs.